Le nouveau système d’entrée et de sortie de l’espace Schengen (EES) entrera en vigueur le 12 octobre 2025, ce que cela change pour les voyageurs non européens

Prévue depuis un règlement européen du 30/11/20171, le nouveau système de partage d’information sur l’entrée et la sortie des ressortissants non européens dans l’espace Schengen va finalement entrer en vigueur le 12/10/2025.
Concrètement, chaque entrée d’un ressortissant non européen dans l’espace Schengen pour une courte période (moins de 90 jours), ainsi que chaque sortie et chaque décision de refus d’entrée, feront désormais l’objet d’un partage d’information automatisé entre tous les Etats de l’espace Schengen.
Les personnes concernées devront passer devant un automate et renseigner un certain nombre d’informations à caractère personnel, déposer leurs empreintes digitales, et se laisser prendre en photo. Le passage systématique devant un officier de la police aux frontières ainsi que l’apposition d’un tampon d’entrée ou de sortie sur le passeport ne seront plus nécessaires.
En théorie cela permettra d’accélérer le contrôle de la régularité des entrées et sorties et facilitera le travail de la police aux frontières qui dispose déjà d’un accès au système d’information sur les visas (VIS) ainsi qu’au système d’information Schengen (SIS) portant notamment sur les personnes interdites de séjour dans l’espace Schengen.
Pour les personnes concernées, le principal avantage sera qu’ils recevront instantanément l’information du nombre de jours restant qu’ils peuvent passer dans l’espace Schengen. Ce calcul, parfois complexe, devait auparavant être fait par les personnes elles-mêmes en fonction du temps passé dans l’espace Schengen dans les 90 jours précédents.
Pour rappel, tout ressortissant d’un Etat tiers disposant d’un visa de court séjour (dit visa Schengen) ou n’en disposant pas s’il en est dispensé, peut séjourner dans l’espace Schengen pendant au maximum 90 jours par période de 180 jours. Autrement dit à chaque instant, il ne peut pas y avoir passé plus de 90 jours dans les 180 jours précédents. Ce qui fait qu’au moment où il entre dans l’espace Schengen, le système EES peut calculer le nombre exact de jours qui lui reste avant de devoir obligatoirement quitter le territoire de l’espace.
Cette information sera désormais automatiquement donnée à l’intéressé.
Corollairement, le système EES permettra également une sanction systématique des dépassements de séjour dans l’espace Schengen. On doit s’attendre à ce que les refus d’entrée en pareil cas deviennent systématiques, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.
Pour rappel, l’entrée l’EES ne doit pas être confondu avec l’ETIAS (European Travel Information and Authorization System), qui obligera les ressortissants non européens dispensés de visa Schengen à obtenir une autorisation préalablement à tout voyage dans l’espace, selon un modèle comparable à l’ESTA américain. Celui-ci n’entrera en vigueur que fin 2026.
- Règlement (UE) 2017/2226 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2017 portant création d’un système d’entrée/de sortie (EES) ↩︎